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J’aurais voulu commencer ce papier branché “Musique et Internet” avec une diatribe enflammée contre le gouvernement et sa loi Hadopi, et puis je me suis rendue compte que ce débat commençait sérieusement à me gaver. Alors je ne vais m’intéresser qu’à ce qui sort de bon de la chaotique mais inévitable relation entre musique et Internet. Certes, Internet est un moyen très efficace pour se faire connaître, et pour passer outre l’étape “je fais des concerts dans toutes les petites salles de ma région pour me créer une petite base de fans fidèles jusqu’à la mort”. Plus besoin de louer une camionnette et de se casser les reins à y faire rentrer ses amplis Marshall. Il suffit de poster 3 ou 4 titres sur MySpace , et de commencer à communiquer autour. Vous vous en doutez, ce raccourci aidant, le Net pullule de nouveaux groupes, et y trouver de quoi satisfaire ses cages à miel relève parfois de la recherche d’une aiguille dans un bouse de vache (j’suis d’humeur printanière). Voici donc quelques artistes qui ont su utiliser Internet à leur avantage et qui proposent des choses véritablement dignes de vos petites cages à miel. Avec pour commencer une déclaration d'amour à un punk-rockeur.
Jay Reatard, la création et Internet
Ce type possède la vérité, les amis. Il a tout compris. Il travaille deux fois plus que tout le monde, enregistre dix fois plus que tout le monde, fait cent fois plus de concerts que tout le monde (j’exagère à peine). Il vend ou offre lui-même tout ce qu’il fait via Shattered Records, son propre label, et son site (qu’il a vraisemblablement créé lui-même) qui lui sert de magasin en ligne. À force de bosser sans chercher à se faire des c... en or, il a acquis une réputation légendaire dans l’underground musical américain. Ce type est tout simplement parfait. Un véritable exemple - même si ses concerts dégénèrent souvent ; c’est un punk-rockeur, hein ! Il est à la fois la représentation idéale de l’artiste et la représentation idéale du disquaire du coin. Il n’a jamais eu envie de faire de la musique pour faire de l’argent et il vend sa musique dans le seul et unique but de récolter assez, juste assez, pour continuer à en faire dans les conditions qui lui plaisent. Le genre de mec qui ne peut que vous faire dire que la musique et Internet sont faits pour s’entendre. Le genre mec qu’il faudrait inviter à un dîner avec Madame Christine Albanel et son équipe pour leur expliquer le rapport entre création et Internet. Jay Reatard a visiblement trouvé la solution qui lui convient - ce n’est pas LA solution, bien entendu, mais elle marche pour lui - et faites-moi confiance, le bonhomme baigne dans le bonheur.
Sliimy
Attention, cliché : Sliimy (“les deux “i” c’est juste pour faire sourire :)”, comme il le dit) a été découvert sur MySpace avec sa reprise de “Womanizer” (Britney Spears) et “Do You Really Want to Hurt Me” (Culture Club). Voilà le genre de “pitch” d’artiste qui a de quoi effrayer, je vous l’accorde. C’est avec toutes les mauvaises intentions que j’ai commencé à écouter Paint Your Face, le premier album de ce petit bonhomme de 20 ans (en plus on a le même âge !). Alors non, ce n’est pas l’album de l’année, quelques chansons sont un peu trop molles pour moi, mais il faut se rendre à l’évidence : ce Sliimy est extrêmement doué, avec sa voix à mi-chemin entre Mika et Lily Allen, autre produit MySpace plus sympatoche que je ne l’aurais pensé. Ce que fait Sliimy avec son complice guitariste Feed, c’est du folk-rock enlevé, léger, printanier, pop à souhait. On est même au-delà du plaisir coupable avec “Wake Up”, le tube du disque, “Waiting For” ou encore l’excellent “Magic Game”. Alors oui, ce s’ra un peu la honte de dire à vos copains rockeurs que vous aimez bien Sliimy, mais prenez le risque, écoutez Paint Your Face, et il se pourrait qu’il vous accompagne jusqu’à la pause estivale, voire bien au-delà.
La Roux & We Have Band
Comme Sliimy, l’Anglaise La Roux a fait trembler MySpace et toute la blogosphère avec son titre “Fascination”. Une fois remarquée, la machine était lancée. Un titre sur la compilation Kitsuné (”Quickstand”), une signature chez une major (Polydor), et avant même que le moindre disque soit sorti elle était présentée comme la future méga-sensation pop-rock de l’année par toute la presse anglaise, le magazine NME en tête. La rousse propose de la synth-pop vintage très, très, mais alors terriblement dansante. Inspirée par Eurythmics (sans blague), Goldfrapp ou Prince (dont je vous recommande vivement la dernière livraison Lotusflow3r, soit dit en passant), elle est “coachée” par Vince Clarke (pionnier de la synth-pop qui a quitté Depeche Mode après leur premier album) qui croit apparemment dur comme fer à un nouveau revival eighties. Le premier album de La Roux se fait attendre, mais les singles “In For the Kill” et “Quickstand” sont de vraies bombes dancefloor imparables, et il serait idiot de bouder son plaisir à leur écoute ! Le premier album de We Have Band se fait lui aussi attendre : les compatriotes de La Roux se sont faits connaître sur le net avec “Hear It In The Cans” et l’obsédantissime “Oh”, single qui sortira ensuite chez Kitsuné - encore eux ! - et donnera l’occasion au trio synth-pop de se produire un peu partout en Europe.
Dum Dum Girls & Crocodiles
La twee pop fait son come-back. A New York, avec les Vivian Girls, en Ecosse avec Camera Obscura, et en Californie, avec les Dum Dum Girls de Los Angeles et leurs comparses masculins Crocodiles de San Diego. La twee pop, dont le groupe-phare restera à jamais les Ecossais de Belle and Sebastian, c’est un alliage de mélodies pop insouciantes, de paroles naïves et adolescentes, propulsées par un rock garage voire carrément punk. Quand je dis “paroles naïves”, je parle plus des Dum Dum Girls que des Crocodiles, dont les titres des chansons (”I Wanna Kill”, “Summer of Hate”, “Soft Skull”) sont plus… aggressives. Le moteur de ces 2 groupes est toutefois le même : un talent mélodique certain, des voix baignées dans la réverb’, des vagues électriques de 12 mètres de haut dans lesquelles j’aime me jeter avec un plaisir non dissimulé. Les Crocodiles sortent le 28 avril leur premier disque,Summer of Hate, 9 titres qui leur ouvriront les portes des grands festivals américains, comme c’est déjà le cas des Vivians Girls et de Camera Obscura. La twee pop est bien de retour, le large public adolescent de MySpace y étant forcément pour quelque chose.
Autre artiste à découvrir si vous aimez la noise-pop lo-fi étrange : Blank Dogs, un étrange one-man-band de Brooklyn (New York) qui a sorti une tonne de cassettes, maxis et d’EPs avant de se produire sur scène, toujours sous couvert d'anonymat. C’est parfois un peu trop lo-fi (traduction : c’est parfois inaudible), et pour cause, je pense qu’il a tout enregistré dans sa chambre à coucher, mais je le trouve plutôt prometteur.
Izia
Le groupe d’Izïa Higelin a certes su utiliser Internet pour faire parler d’eux et utiliser cette popularité pour convaincre la major qui signe leur premier album éponyme, mais ils ont surtout arpenté, le bouche-à-oreille aidant, les coulisses de centaines de salles de concerts et de festivals aux quatre coin du pays pour peaufiner leur rock dévastateur. Ces français balancent un rock’n’roll efficace sans se poser 35 000 questions. Comme si MC5 avait copulé avec AC/DC un soir de défonce, le tout propulsé par la voix au potentiel infini d’Izïa Higelin. Cette dernière compense ses petites faiblesses vocales (à 18 ans, avoir une voix aussi profonde qu’Alice Russell ou Janis, c’est pas possible) par une rage et une attitude punk à vous donner des frissons un peu partout. Non, tout partout en fait. C’est du rock accrocheur, primal, jamais bourrin, intense à souhait… Leurs concerts doivent être absolument dithyrambiques avec ce qu’ils ont sous le capot, une espèce de V10 chromé qui fait “ROOOOAAAAARRRR!!!!” à la moindre accélération électrique. Les 4 premières pistes sont à tomber par terre, c’est un PUR bonheur. Quand en plus ils me balancent un riff funky sur “Blind”, que voulez-vous que je fasse ? Et puis cette ligne de basse sur “Disco Ball” ? Ils défendent actuellement leur solide premier album sur scène, et seront aux Solidays cet été, l’occasion de vous prendre cette force rock’n'roll jouissive de plein fouet.

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