Edgar Wright a imposé un style complètement décalé et hors norme dans le paysage cinématographique anglais.
Réalisateur inspiré par ses souvenirs d’adolescent cinéphile, il réalise en jouant à mélanger les genres pour mieux les parodier. En donnant à ses films un aspect propre à lui, il jongle avec les codes des bons vieux films d’horreur et d’action qui ont bercés tout une partie de sa génération.
Avec Shaun of the dead, il ose, il ose mélanger la comédie romantique avec le film de zombies, pour donner un film jubilatoire et complètement loufoque.
L’histoire de Shaun (Simon Pegg, également co-scénariste), jeune londonien menant une vie ordinaire, voir passive, voit sa petite amie le quitter.
Après une nuit d’ivresse avec son colocataire (Nick Frost), il découvre à travers une gueule de bois carabiné que Londres est envahit par des zombies.
« Les charlots chez les morts vivants » !!
Génial, on suit les tribulations de Shaun et sa bande de « survivants », cherchant un endroit sécurisé « ou l’on peut fumer ! », et c’est bien sûr le pub du coin « le winchester », qui se voit devenir le bastion « imprenable » face à la horde de zombies déferlant sur Londres !
Zombies rigolos, situations improbables (notamment une scène à mourir de rire où un zombie est flagellé à coup de cannes de billard, tout en rythme sur « Don’t stop me know » de Queen).
Ce film est également une douce critique sans prétention sur la société moderne. Ainsi dans le générique de début, on suit le quotidien et les habitudes de chacun pas si éloignés que ça de la vie zombiesque qu’il auront plus tard dans le film.

Hot fuzz, ou deux flics dans la prairie.
Londres, le policier Nicolas Angel (Simon Pegg, toujours co-scénariste), est tellement bon qu’il fait passer ses collègues pour des bons à rien.
Pour remédier à ça, son chef décide de le muter dans une petite bourgade du nom de Sandford où rien ne se passe, mais une série de crimes va tout d’un coup perturber le rythme tranquille de Sandford.
Il devient le coéquipier de Danny, fils du commissaire (Nick Frost), fan de films d’action, voyant en Nicolas l’occasion de mettre en pratique ce qu’il a vu au cinéma.
Comédie surgonflée et complètement loufoque, Hot fuzz est un savant mélange de parodie des grands films d’action américains et un buddy movie sympathiquement barré !
Fusillades burlesques, humour déjanté et galerie de personnages improbables (pour ne citer qu’eux dans toute cette « série noire », Tom Weaver, le président du comité de surveillance ayant l’œil sur tout le village grâce à ses caméras et pourchassant sans relâche un homme statue responsable selon lui de la perturbation de l’ordre public, ou le duo d’inspecteurs Wainwright et Cartwright, aussi débile qu’inutile !).
De l’arrestation d’une bande d’ados éméchés, à la fusillade poilante entre nos héros et la secte sécuritaire du village en passant par l’enquête genre Agatha Christie sous acide, c’est avec délice qu’on suit ce film qui est une vraie réussite tant par son style comique que par son originalité.


Des films fait entre potes, c’est l’impression que donnent les films d’Edgar Wright, sans se prendre la tête, avec toujours un seul moteur, l’humour.
Un grand mélange des genres qui vient d’une envie de rendre sur la pellicule les films qui ont accompagnés le réalisateur et l’attrait jouissif d’une écriture faite à plusieurs qui évoque des moments de rigolades entre potes. Couchées sur le papier, ces idées divertiront immanquablement les amateurs du genre.

Nicolas Bodou

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