Gérard Collard (libraire à Saint Maur)Par Nicolas Vidal - Gérard Collard Est un libraire atypique. Flanqué d’un style urbain et détendu, il l’est moins lorsqu’il s’agit de parler de littérature.
A la fois enflammé et caustique, Gérard collard a le don de nous faire saliver pour les ouvrages qu’il affectionne et nous couper l’envie pour ceux dont son intérêt équivaut à zéro. On aime ou on aime pas ! mais il faut concéder que cette franchise en matière d’actualité littéraire fait souffler une fraîcheur qui nous éloigne heureusement du consensus mou. Car tout ce qui sort en librairie ne fait pas autorité d’excellence et Collard ne se prive pas de le faire savoir. La griffe est acérée.

Gérard Collard, pourquoi avoir choisi de devenir libraire?
Parce que je voulais devenir pape et porter des robes, mais ça n’a pas marché, donc après j’ai voulu être président de la République, pourtant au niveau taille j’avais bien ciblé, mais ça n’a pas marché non plus, donc j’ai fait libraire…
Non ! En fin de compte, c’était une évidence. J’ai toujours voulu devenir libraire. Quand j’étais gamin je gagnais mon argent de poche dans une librairie et j’ai toujours été fasciné par les livres et tout ce qu’ils représentaient. Ce n’est même pas une question à poser ; j’étais fait pour être libraire.

Quel est votre travail au quotidien?
J’encaisse l’argent récolté par tous ceux qui travaillent pour moi et après je fais la fête… (sourires)
En fait, c’est la vie quotidienne d’une librairie, c’est à dire conseiller les gens, choisir les livres, des choses beaucoup plus terre-à-terre comme ranger les livres. Et même si je fais de la télévision, le quotidien reste très important parce qu’un livre c’est un objet. Voilà, ça se résume à ça, choisir, ranger, lire…

À votre avis, quel est le côté le plus passionnant de votre métier? La recette le soir ! (sourires)
C’est de faire exister un livre et faire partager sa passion aux gens, et quand ils reviennent, les retrouver hyper heureux d’avoir découvert un autre monde, une autre histoire, d’autres personnages et de s’être enrichis en émotions en sentiments, enfin, en plein de choses.

Vous êtes également chroniqueur pour la télévision. Qu'est-ce qui fait que vous décidiez de chroniquer un livre plutôt qu'un autre?

Comme le reste le hasard ! Dans la vie tout est une question de hasard. Le goût, la rencontre d’un livre, la rencontre d’une histoire, la rencontre d’un auteur, mais franchement je pense que c’est fondamentalement le hasard. On peut faire des théories là dessus, mais non, non, c’est le hasard.


Quel regard portez-vous sur les auteurs new-yorkais contemporains en général ?
Aucun, parce que je déteste les auteurs new-yorkais contemporains comme Paul Auster et tout ce genre là, ça m’ennuie profondément…

Un coup de coeur à nous faire partager dans ce registre?
C’est pas un écrivain nouveau, mais c’est l’un de ceux que je trouve le plus important c’est Chaïm Potok auteur de “l’élu”. Pour moi, il faut tout lire Chaïm Potok (chez 10/18) et je mets ça au top du top alors que “Fred austère” je le met en bas dans la cave.

Plus généralement, quel crédit apportez-vous à la littérature américaine actuelle?
J’aime bien la littérature américaine, mais ce n’est pas ma préférée, je préfère la littérature anglaise, italienne, européenne, irlandaise… Je trouve qu’il y a plus de punch, enfin je trouve que la littérature américaine est toujours un peu… enfin, j’ai toujours un peu l’impression de lire la même chose. C’est très à la mode, mais moi ça ne me touche pas énormément.

Pour finir, quel est le dernier ouvrage que vous avez ajouté à la "poubelle mythique" de la Griffe Noire et pourquoi?
Le dernier je ne me souviens même pas du titre, c’est vous dire à quel point…. C’est le dernier bouquin de Christine Orban qui n’est pas un écrivain et dont la seule qualité est d’être la femme de Orban, l’un des pontes de l’édition française, qui habite dans un très bel appartement, qui est très bourgeoise, qui a pas grand chose à dire – d'ailleurs, y a rien à lire, vous regardez le livre c’est écrit gros, enfin c’est sans intérêt… - Mais elle connaît plein de gens donc elle passe dans plein d’émissions de télé, donc les gens achètent…

Je l’ai mis dans la poubelle avec un grand plaisir et je crois que c’est encore trop d’honneur à lui faire que de la mettre là parce que ça la met en relief et que le livre n’a aucun intérêt, elle est une espèce de petite bourgeoise qui raconte n’importe quoi sur n’importe quoi et je trouve que c’est dramatique de tuer des arbres pour ça !?!

Retrouvez l’interview de gérard collard pour le BSC NEWS MAGAZINE et ses avis de lecture en vidéo sur www.gerard-collard.com

 

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