Thierry Péala. New Edge Trio. Paris. Le Duc des Lombards.
Lundi 24 novembre 2008. 22h.

Thierry Péala : voix
Bruno Angelini : piano
Francesco Bearzatti : clarinette en si bémol, saxophone ténor

Francesco Bearzatti a remplacé Sylvain Beuf comme souffleur attitré du New Efge Trio de Thierry Péala. Bruno Angelini reste fidèle au poste.
Ca commence à la clarinette avec une citation des «Don Juan » de Claude Nougaro. C'est le début du voyage. Cette musique va bien avec la fin novembre. Elle est fraîche, crépusculaire. Thierry joue des balais avec sa voix. Francesco fait gémir sa clarinette. Une dernière citation des « Don Juan » pour finir. C'était «Longtemps».

« Rue Calmette ». Francesco sort des grondements de sa clarinette. On ne s'y attend pas avec cet instrument. Thierry refait des balais avec sa voix pour lancer le rythme. Qui est cette fille avec qui il jouait rue Calmette ? La chanson s'anime, en écho de ces jeux d'enfants. Tout le monde pousse vers le haut. Puis le piano redescend tout en douceur. La chanson se termine sur un « You are gone » étiré.

Solo introductif de clarinette tout en douceur et en volutes, avec de l'humour aussi. La musique sautille, riguedonne. Francesco fait plein de gags sonores. Après cette longue introduction un peu folle, le trio enchante sur un air rapide et entraînant. Ca sonne comme un traîneau filant sur la neige tiré par des chiens joyeux. Avec Francesco Bearzatti, le jeu est plus ludique, plus foufou qu'avec Sylvain Beuf, le précédent saxophoniste. Solo superbe de Bruno rythmé puis rêveur. Le trio repart pour s'envoler, filer à travers plaines et forêts enneigées. Ils finissent en comptine, distillant les notes.

« Comment te dire adieu » (Serge Gainsbourg). Francesco prend son sax ténor. Il ralentit la chanson. Il tapote son saxophone comme un tambour de cuivre, tenant le rythme pendant que Bruno et Thierry embellissent la mélodie. Puis il se met à souffler tout en gardant son rythme de percussion. Thierry chantonne et l'émotion monte.

Thierry commence seul par un scat. Bruno le rejoint en trifouillant le piano. Francesco souffle dans son anche, détachée du saxophone. Puis il reprend son saxophone. C'était très rythmé et ça devient une ballade. Ils enchaînent sur un autre morceau bien rythmé. Les attaques du saxophone et du piano sont franches et viriles. Ca swingue méchamment. Francesco sait faire grogner le sax ténor comme un hard bopper. Avec ses halètements et ses palmas, Thierry y ajoute encore plus de funk.

Retour au calme avec un « Tea for two » tout en douceur et en velouté. C'est un duo piano chant que Francesco vient compléter avec vigueur tout en restant dans l'esprit du morceau.

S'ensuit une composition de Bruno inspiré du film « Mortelle randonnée » de Claude Miller. Une randonné à cheval vu la vitesse à laquelle elle progresse. Thierry fait les percussions entre piano et saxophone. Après une phase toute douce au piano, ça repart en trio, énergique et percussif. Ils citent un standard dont le titre m'échappe. Ca swingue très efficacement. Ils repartent sur un de leurs morceaux, bien énergique lui aussi, une sorte de course poursuite.

« Solange » est un hommage de Bruno à sa grand-mère. Francesco a repris sa clarinette et un jeu tout en douceur, en volutes. La clarinette pousse des petites plaintes.

Un duo saxophone ténor/voix sur un standard « Lover girl », c'est-à-dire un « Lover man » adapté pour homme hétérosexuel pratiquant. Une version très funky, très percutante. Bruno les écoute, yeux fermés, tête baissée, battant la mesure.

« Francisca » clôt cette galerie de portraits musicaux. Le duo voix/sax ténor entame le morceau.Bruno les rejoint. Le duo piano/ténor est ponctué par les palmas de Thierry. Ce morceau souple, tout en ondulations achève de nous enchanter pour la soirée.
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