Christine Féret-Fleury est la directrice littéraire française des 400 COUPS, annexe de la maison d’édition canadienne installée en France.

 

Qu'est ce qui vous a incité à devenir éditrice?
Le goût des livres. Lire est à peu près la seule chose que je fasse bien et vite; mon avenir était donc… tout tracé.

Quels sont les raisons principales qui vous poussent à refuser des manuscrits?
J’ai besoin d’être séduite, émue ou bouleversée dans mes certitudes par la lecture d’un texte. Lorsque ce n’est pas le cas, je refuse le manuscrit.

Qu'est ce qui vous séduit dans un projet littéraire?
La passion qui anime son auteur !

Si vous aviez un conseil à donner aux auteurs qui cherchent à publier mais sans succès?
Ne jamais se décourager. Et je citerai Rilke : « Une œuvre d’art est bonne quand elle est née d’une nécessité. »

Publiez-vous en majorité des manuscrits que vous aimez ou des textes que le public apprécie
particulièrement?
Je ne publie QUE des textes que j’aime, avec tous les risques que cette obstination entraîne !

Pensez-vous que des auteurs de talents peuvent-ils être oubliés lorsque que leur manuscrit arrive par la poste?
Bien sûr. Si le lecteur est attentif.

A ce titre, combien publiez-vous par an de manuscrits qui vous parvienne par courrier?
Certains des plus beaux textes que j’ai publié aux 400 Coups sont arrivés par la poste : « Les yeux ouverts » de Didier Torossian, un magnifique premier roman sur le génocide arménien, « Le Passeur d’éternité » de Roland Fuentès, «L’Enlèvement de Bill Clinton » de Cyrille Martinez…

Pensez-vous que le marché du livre sʼadapte à une mode de genre et de style comme peut lʼêtre “la Harry Potter mania”?
C’est une évidence!

Quel regard portez-vous sur lʼédition numérique?
Un regard curieux. J’attends, comme beaucoup, de voir comment les choses vont évoluer.

Pensez-vous que lʼémergence de lʼédition en ligne est une menace suffisamment inquiétante pour que les éditeurs modifient leur stratégie marketing et tentent de renforcer le rapport que le lecteur entretient avec le livre papier?

Le livre papier est irremplaçable. Le toucher, le respirer, le posséder, le cacher, le relire… c’est une relation sensuelle, amoureuse même. Le métier va évoluer, certes, comme il l’a toujours fait ! On ne fait plus de l’édition comme au temps de Voltaire…


Parlez-nous de la dernière publication au sein de votre maison ?
Il y en a beaucoup ! L’un de mes préférés sera en librairie le 7 mai : c’est un album de Denise Bombardier, illustré par Gérard DuBois. Un album pour adultes : « Petits fantômes mélancoliques » est un recueil de contes dévoilant la vision du monde de jeunes autistes.

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