Sylvie Audoly est éditrice au sein de la prestigieuse maison d’édition parisienne Plon.

 

Après des études de Lettres en littérature anglaise et américaine, elle souhaitait toucher du doigt la réalité du monde de l’édition. C’est ainsi qu’elle rejoint les éditions Plon. “ Je suis passionnée de littérature depuis toujours et après mes études littéraires, je souhaitais être au contact de la vie du Livre.”
Son domaine de prédilection, Sylvie Audoly le trouve dans la littérature britannique et américaine qu’elle décrit “comme très fertile et en perpétuelle évolution”.
Elle publie essentiellement des ouvrages étrangers déjà reconnus ou en passe de l’être. “Lorsque je choisis un ouvrage, il est déjà édité dans une maison étrangère ou sur le point de l’être. Pour la plupart, mes auteurs sont déjà connus et publiés.”
Mais il lui arrive parfois de refuser des manuscrits qui lui sont envoyés. “La qualité est bien trop souvent médiocre et je ne trouve pas ce que je crois être comme bon ; cette alchimie entre un auteur et un texte. Sans cela, c’est rédhibitoire.” Et cette savante combinaison reste l’un des critères fondamentaux de Sylvie Audoly “car il y a quelque chose de miraculeux finalement voire de mystérieux lorsqu’un auteur parvient à maîtrise l’élégance d’un style bien à lui.”


Conseils aux auteurs inconnus

Lorsqu’on nous lui demandons ce qu’elle conseillerait aux auteurs inconnus pour réussir dans l’édition, elle répond spontanément “qu’il ne faut jamais se décourager, et que la passion et l’enthousiasme sont les meilleurs armes pour réussir lorsqu’on a des ambitions littéraires” et de poursuivre “ même si je suis certaine qu’un auteur de talent a de grandes chances d’être publié. Il lui suffit d’attendre simplement la rencontre entre un regard et un texte.”
Sylvie Audoly précise que chez Plon, les manuscrits sont lus mais déplore “ qu’un nombre impressionnant de livres paraissent chaque année sur la scène littéraire française et que la quantité de manuscrits reçus est à l’image de cette production industrielle.” C’est pourquoi elle adopte depuis quelques temps déjà une production plus restreinte afin de travailler chaque projet plus profondément “En 2007, j’ai publié 32 ouvrages, en 2008, je m’arrêterais à 22 et l’année prochaine je ne dépasserai pas les 18 titres car nous souhaitons diminuer notre catalogue et passer plus de temps sur les titres en production.” Mais l’éditrice, rattrapée par sa passion, avoue que la jouissance dans son métier réside dans la magie de trouver une perle littéraire qui fera des émules “Regardez Millenium chez Actes Sud ou “Le Mal de Pierre” publié chez Liana Lévi, voilà deux succès littéraires incontestables d’auteurs méconnus!”

Les tendances dans l’édition

Lorsqu’on nous demandons à l’éditrice si des modes ou des tendances régissent-elles les parutions des maisons d’édition, elle acquiesce et lorsqu’on nous suggérons que la littérature pourrait connaître un nivellement par le bas, si la majorité des éditeurs choisissent leurs textes en fonction de tendances, Sylvie Audoly opine du chef.

Les agents littéraires

Contrairement à nombreux de ses confrères, l’éditrice nous dit qu’elle travaille avec des agents littéraires “ car ils connaissent pour la plupart mes goût et me proposent des textes en rapport avec ma ligne éditoriale. Ce sont pour quelques uns d’entre eux de véritables conseillers littéraires. Et ils ne vont pas forcément à l’encontre de nos intérêts.” Elle conclue même en disant “ qu’un bon agent littéraire est bénéfique pour un éditeur.”

L’édition numérique

“ C’est une évolution irréversible qui au fil du temps va prendre de plus en plus d’importance.” Sylvie Audoly en est persuadée: l’édition numérique gagne du terrain et nous voilà rentré dans l’ère de l’e-book et des impressions à la demande. “ Regardez Stephen King, il fait sa promotion lui-même sur internet et ce n’est qu’un début.”


Pour finir, Sylvie Audoly pense que l’édition numérique est inéluctable, a des exigences de qualité et de style, collabore avec des agents littéraires, estime que la production de livre est trop importante mais elle sera toujours, envers et contre tout une passionnée de littérature et de textes et n’acceptera jamais de jeter ses propres livres pour “downloader” des textes sur son e-book car c’est une éditrice de mots et de papier qui se réclame “de la vieille école”.

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