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Ecrivain, scénariste et journaliste (Marie Claire, Psychologies et pour d’autres supports de presse) Tatiana de Rosnay explore toutes les formes d’écriture. Tatiana, qu’est ce qui vous a poussé à écrire ?
J’avais 11 ans, c’était l’anniversaire de ma mère et je ne pouvais lui acheter un cadeau car j’étais au fond de mon lit, terrassée par une grippe. Alors sur un vieux cahier, j’ai commencé à écrire une histoire en anglais d’une petite fille très riche et orpheline, prise sous la coupe d’un tuteur épouvantable qui tente par tous les moyens de lui échapper. L’histoire se déroulait dans le Londres du 19 ème siècle. Et je me suis laissée prendre au jeu et à la fin j’ai donné le cahier à ma mère qui m’a encouragé à continuer à écrire. Suite à ça, j’ai tenu un journal pendant 20 ans en anglais. C’était une écriture quotidienne faite de plaisir. Puis je me suis lancée dans l’écriture d’un véritable roman de 200 pages et mon père, à son tour, pour m’encourager, m’a offert une machine à écrire Olivetti. C’est ainsi, que très pompeusement à l’âge de 12 ans, j’ai décidé de devenir écrivain. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, personne ne s’est moqué de moi. Alors j’ai pondu un roman par an jusqu’à l’âge de 25 ans, c’est comme cela que j’ai rédigé près de 15 romans dont je faisais la lecture à ma famille.
La perspective de me faire publier me terrorisait peut-être par manque de culot ou de confiance en moi. Et j’ai du attendre ma trentième année pour éditer. Mon premier livre s’appelait “l’appartement témoin” et j’ai tenté avec ce manuscrit la quête difficile de la recherche d’éditeur. J’ai reçu beaucoup de lettres types et également des courriers assez virulents. Et contre toute attente, Fayard a répondu positivement à mon texte. Mais le chemin a été long et laborieux car j’ai connu de nombreux déboires éditoriaux jusqu’à ne plus avoir d’éditeur.
Je me suis posée beaucoup de questions jusqu’au jour où j’ai décidé d’écrire un manuscrit avec une rage épouvantable sous pseudo. J’ai envoyé le texte tel quel et deux éditeurs ont répondu. Ils ne connaissaient pas mon nom. Et j’ai choisi Plon et j’ai publié 7 romans chez eux. Puis j’ai décidé de travailler avec Héloïse D’Ormesson avec qui j’ai fait paraître « Elle s’appelait Sarah » qui a connu un joli succès avec près de 135 000 ventes, vendu dans 20 pays et une adaptation cinématographique à la clé.

Quels sont les auteurs US que vous appréciez particulièrement ?
Mon idole absolue, c’est Edgar Allan Poe. Sinon, chez les auteurs modernes, j’ai une préférence pour les anglais comme Ian Mac Ewan. J’aime beaucoup Philip Roth et également Joyce Oates Caroll avec ses univers très étranges. J’ai une préférence soutenue pour Tracy Chevalier.

Y a-t-il d’après vous une façon différente d’écrire et d’appréhender une histoire qu’elle que soit selon qu’on est une femme ou un homme ?
Je suis bluffée par mes confrères hommes qui parviennent avec brio à se glisser dans le peau d’une femme et je pense notamment à Douglas Kennedy, Zola avec Gervaise, Flaubert avec Madame Bovary. Toutefois, je n’aime pas faire des catégories d’auteurs mais je pense que lorsqu’on a une sensibilité et de l’imagination, on peut faire tout ce qu’on veut du moment que cela soit crédible et émouvant. En fait, il faut parvenir à se faire oublier lorsqu’on est auteur. Il faut s’effacer derrière ses personnages.

Est ce que votre vie aux USA influence en quelque chose votre écriture et votre vision de la narration ?
Oui tout à fait et je reprendrais une phrase de William Boyd qui disait qu’il y a deux catégories d’auteurs, ceux qui parlent d’eux et ceux qui parlent des autres et je pense faire partie de la seconde catégorie. L’autobiographie ne m’intéresse pas. Car j’ai envie de lire et d’écrire une histoire et les anglo-saxons, à mon sens, savent écrire comme cela. Les auteurs anglo-saxons partent d’une construction narrative très forte et on est pris par une situation et dans une histoire.

« Elle s’appelait Sarah » a connu un franc succès. Est ce qu’écrire ce livre vous a tourmenté comme l’a pu l’être l’héroïne de votre dernier roman, Pascaline face à cette série de meurtres ?
J’ai eu des tourments en écrivant « La mémoire des murs » car le roman traite d’assassinat, de la mort d’un enfant. Lorsque que j’ai écris ce texte, c’était comme un périscope émergeant dans une mer terriblement noire. Je suis allée jusqu’au bout de ce texte comme j’ai pu le faire avec « Elle s’appelait Sarah » même si l’aspect historique, de ce dernier, a été très troublant car tout était vrai. Mais certains passages dans « La Mémoire des murs » ont été très difficiles à écrire pour la mère que je suis. Car j’ai essayé de mettre en avant des situations épouvantables pour des parents comme l’ont été certaines scènes d’« Elle s’appelait Sarah ». Et très sincèrement je ne m’attendais pas à un tel succès et à une telle affluence de témoignages que j’ai reçus.

Quelles sont les passerelles entre vos deux derniers ouvrages ?
La passerelle entre les 2 ouvrages, c’est la Rue Nélaton. Je me suis rendue dans la rue Nélaton et j’ai voulu savoir ce qui s’était passé ici. J’ai énormément lu pour tout découvrir sur la rafle du Vel d’Hiv.

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